L'aménagement urbain vit un moment de bascule historique. Le modèle qui a façonné la France des quarante dernières années - celui de l'extension urbaine financée par la transformation de terres naturelles et agricoles - est à l'arrêt.
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Percuté par le mur de l'inflation, par l'impératif de sobriété foncière (ZAN) et par l'urgence de l'adaptation climatique, le logiciel économique de la fabrication de la ville est devenu obsolète. L'ère de la rente foncière facile est close ; celle de l'intelligence technique et financière s'ouvre. Ce supplément de la revue Urbanisme, le troisième réalisé en partenariat avec la chaire d'Économie urbaine de l'Essec, ne se contente pas de dresser le constat de cette crise. Il a pour ambition d'explorer les voies de sortie par le haut. Comment financer la régénération des friches industrielles ? Comment transformer les passoires thermiques commerciales en nouveaux quartiers de ville ? Comment adapter nos infrastructures critiques sans ruiner les collectivités ? Pour répondre à ces questions, ce dossier mobilise l'expertise singulière de la chaire d'Économie urbaine. Structure de référence en matière d'enseignement et de recherche sur la ville depuis 1987, elle cultive une approche unique fondée sur l'hybridation. Hybridation, d'abord, entre la rigueur académique et la réalité opérationnelle des projets. Hybridation, surtout, entre les sphères publique et privée. En travaillant conjointement avec des acteurs économiques et institu-tionnels, la chaire démontre ici que les solutions de demain ne naîtront pas de l'opposition entre ces deux mondes, mais de leur capacité à coconstruire. À travers des études de cas concrètes et des recherches partenariales, ce supplément prouve que l'aménagement de demain ne sera plus une industrie de production de sol, mais une industrie de services, de liens et de résilience. Il impose de passer d'une logique de stock à une logique de flux, et d'inventer des modèles où la valeur se crée dans la gestion du temps long et la complexité de l'existant. C'est à ce prix que l'on pourra débloquer l'économie de la « ville sur la ville ». (4e de couverture)